{"id":803,"date":"2022-03-08T00:29:00","date_gmt":"2022-03-07T23:29:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/?page_id=803"},"modified":"2025-02-13T10:55:56","modified_gmt":"2025-02-13T09:55:56","slug":"une-biographie-de-sim-copans-par-robert-peyrillou","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/autour-du-festival\/sim-copans\/une-biographie-de-sim-copans-par-robert-peyrillou\/","title":{"rendered":"Une biographie de Sim Copans par Robert Peyrillou"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-kadence-image kb-image_7e5e82-13\"><figure class=\"alignright size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"207\" height=\"298\" src=\"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/1326793205.jpg\" alt=\"\" class=\"kb-img wp-image-804\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><em>&#8220;Je me souviens des \u00e9missions de Sim Copans&#8221;.<br><\/em><br>Qu&#8217;ils soient jazzmen, chauffeur de taxi anonyme, Filipacchi, Averty ou qu&#8217;il s&#8217;appelle Georges P\u00e9rec, Sim Copans les a initi\u00e9s \u00e0 une musique interdite sous l&#8217;occupation mais n\u00e9anmoins musique du XX\u00e8me si\u00e8cle d\u00e9clar\u00e9e &#8220;tr\u00e9sor national&#8221; par le Congr\u00e8s des Etats-Unis. &#8220;L&#8217;Am\u00e9rique et sa musique&#8221;, &#8220;Panorama du jazz am\u00e9ricain&#8221;, &#8220;Negro spiritual&#8221;, &#8220;Fleuve profond&#8221;,\u2026\u2026 ont jalonn\u00e9 les programmes de radio de la fin des ann\u00e9es 40 jusqu&#8217;au milieu des ann\u00e9es 70.<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9 \u00e0 Stamford dans le Connecticut en 1912, puis \u00e9tudiant \u00e0 la Brown University, il doit sa venue sur le sol fran\u00e7ais \u00e0 un professeur qui, il faut le dire, l&#8217;a un peu pouss\u00e9! c&#8217;\u00e9tait en 1932. En 1938, il revient en France pour une th\u00e8se sur la &#8220;perception fran\u00e7aise de la d\u00e9mocratie am\u00e9ricaine sous le second empire&#8221;, il rencontre Lucienne Godiard chez Gallimard, l&#8217;\u00e9pouse et la ram\u00e8ne aux Etats-Unis.<\/p>\n\n\n\n<p>Il enseigne \u00e0 la Columbia University de l\u2019Etat de New-York puis en pleine guerre d\u00e9cide d&#8217;aller \u00e0 Londres participer \u00e0 la lutte contre le fascisme. Membre de la &#8220;Psychological warfare&#8221; il d\u00e9barque en juin 1944 non arm\u00e9 mais avec le grade de capitaine en Normandie. Il rassure les populations apr\u00e8s le passage des allemands avec son camion \u00e9quip\u00e9 d&#8217;un studio et de haut-parleurs. Le 21 juillet 1944, il \u00e9crit \u00e0 Lucienne: &#8220;L&#8217;aspect le plus int\u00e9ressant de notre travail, c&#8217;est l&#8217;amiti\u00e9, le contact personnel,\u2026\u2026je voudrais aussi avoir le temps de te parler de l&#8217;esprit magnifique des gens qui ont tout perdu,\u2026\u2026c&#8217;est tr\u00e8s \u00e9mouvant de venir sur une place publique d&#8217;une ville presque compl\u00e8tement d\u00e9molie, d&#8217;\u00eatre entour\u00e9 de 75 \u00e0 150 personnes\u2026&#8221; Jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;arriv\u00e9e \u00e0 Paris le jour de la Lib\u00e9ration, l&#8217;information et la diffusion aux G.I de concerts seront son quotidien.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis ce fut l&#8217;U.S Intelligence Agency, puis les relations avec la radio fran\u00e7aise qui ont d\u00e9bouch\u00e9 sur l&#8217;\u00e9mission de Paul Gilson en 1946 &#8220;Tour du monde autour d&#8217;une table&#8221; ce qui permit \u00e0 Sim qui avait fait venir son \u00e9pouse et leur premier fils en France de reprendre le collier de la musique. D\u00e8s Janvier 1947, Paris-Inter fut cr\u00e9\u00e9e, la premi\u00e8re \u00e9mission lui fut confi\u00e9e, ainsi naquit &#8220;Panorama du jazz am\u00e9ricain&#8221; le samedi entre 12 et 13 heures, suivirent plus de 4000 \u00e9missions.<\/p>\n\n\n\n<p>Le pr\u00e9sident Eisenhower partant du principe que le jazz \u00e9tait le meilleur diplomate de l&#8217;Am\u00e9rique a encourag\u00e9 les tourn\u00e9es de jazz en U.R.S.S, Afrique et Sim Copans a pris le b\u00e2ton de p\u00e9lerin en animant des conf\u00e9rences dans les ann\u00e9es 50 tant en France qu&#8217; en Afrique, des semaines enti\u00e8res. Directeur de la biblioth\u00e8que Benjamin Franklin des services culturels am\u00e9ricains, membre du conseil d&#8217;administration du centre culturel am\u00e9ricain, fondateur de l&#8217;Institut d&#8217;Etudes Am\u00e9ricaines sous l&#8217;\u00e9gide de la New-York University, co-fondateur de l&#8217;Association des enseignants en langue am\u00e9ricaine, il permit le d\u00e9veloppement des \u00e9tudes am\u00e9ricaines au sein des universit\u00e9s fran\u00e7aises jusqu&#8217;\u00e0 devenir docteur honoris causa de l&#8217;Universit\u00e9 de Nancy.<\/p>\n\n\n\n<p>Auteur de &#8220;Chansons de contestation &#8211; reflet de l&#8217;histoire am\u00e9ricaine&#8221; en 2 volumes, auteur de nombreuses pr\u00e9faces &#8220;Une introduction au jazz&#8221; de Langston Hughes, &#8220;Mister Jelly Roll&#8221; d&#8217;Alan Lomax, &#8220;Dictionnaire du Blues&#8221; de Jean-Claude Arnaudon,\u2026\u2026 rapporteur de colloques comme celui sur l&#8217;Art N\u00e8gre de Dakar en 1966, r\u00e9dacteur de nombreux textes de pochettes de disques ou de revues, Sim Copans laisse tout au long de cette seconde moiti\u00e9 de si\u00e8cle<br>son empreinte sur le jazz.<\/p>\n\n\n\n<p>Et Souillac? En avril 1945, \u00e0 l&#8217;invitation de Jean Calvel voisin de Lanzac et journaliste notoire, il vient dans le Lot en militaire avec la &#8220;b\u00e9n\u00e9diction&#8221; sign\u00e9e d&#8217;Eisenhower. La r\u00e9gion lui fait les yeux doux, pendant que son \u00e9pouse est toujours aux U.S.A, les cloches de l&#8217;\u00e9glise de Lanzac sonnent \u00e0 toutes vol\u00e9es mais c&#8217;est pour annoncer la prise de Berlin par les russes! Sim fascin\u00e9 par le Lot, Lucienne fascin\u00e9e par Sim, en 1963, le couple s&#8217;installe \u00e0 Lanzac o\u00f9 il r\u00e9side se partageant avec Paris depuis la fin des ann\u00e9es 70. Deux fils, puis six petits-enfants et maintenant 2 arri\u00e8res petits-enfants donnent le tempo chaques vacances dans la maison blanche lotoise!<\/p>\n\n\n\n<p>F\u00e9vrier 1975, le docteur Vizerie, pr\u00e9sident du club local de l&#8217;Unesco demande \u00e0 Sim Copans de faire une conf\u00e9rence, ce sera &#8220;De la c\u00f4te des esclaves \u00e0 la Nouvelle-Orl\u00e9ans&#8221;. Ren\u00e9 Yronde dans la D\u00e9p\u00eache du Midi du 19 f\u00e9vrier 1975 dit: &#8220;Sim Copans se d\u00e9clare heureux de faire cette conf\u00e9rence sous l&#8217;\u00e9gide de l&#8217;Unesco car il n&#8217;y a pas de musique plus internationale que le jazz, montrant l&#8217;unit\u00e9 de l&#8217;humanit\u00e9. Le jazz est un langage extraordinaire cr\u00e9\u00e9 dans la servitude et la souffrance, l&#8217;histoire du jazz, c&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;une musique mais c&#8217;est aussi l&#8217;histoire du peuple noir am\u00e9ricain et sa protestation&#8221;.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;id\u00e9e d&#8217;un festival pris corps fin 75 au sein d&#8217;un groupe de mordus, outre Sim Copans : Bailles, Calvel, Yronde, Rodrigo, Cazals, Dubois, Rohic, Beign\u00e9, l&#8217;abb\u00e9 Bergougnoux sans oublier Pivaudran et Stephant toujours actifs. Le premier concert eut lieu le 11 juillet 1976, un millier de personnes ont rempli l&#8217;abbatiale Sainte-Marie pour \u00e9couter la chanteuse de Gospel Songs Marie Knight et le chanteur de Blues Memphis Slim.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;Association pour le Festival de Jazz de Souillac, en 1985 d\u00e9cide de donner son nom \u00e0 la manifestation. Ce sera &#8220;Souillac en jazz &#8211; festival Sim Copans&#8221;. Il re\u00e7oit \u00e0 cette occasion, au nom de Jack Lang et des mains du ministre Martin Malvy, la Croix de Commandeur des Arts et Lettres, qu&#8217;il place aux c\u00f4t\u00e9s de celle de Chevalier de la L\u00e9gion d&#8217;Honneur d\u00e9cern\u00e9e en 1957 et de celle d&#8217;Officier qu&#8217;il re\u00e7oit en 1982.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1995, pour les 20 ans du festival, qu\u2019il pr\u00e9side depuis la fin des ann\u00e9es 80, para\u00eet aux \u00e9ditions du Laquet un livre &#8220;Jazz \u00e0 Souillac&#8221;, il y rappelle ces mots d&#8217;Henri Texier contrebassiste de talent, qui r\u00e9sument parfaitement la chaleur et l&#8217;amiti\u00e9 que l&#8217;\u00e9quipe avec lui a su installer: &#8220;Le festival de jazz de Souillac est un festival \u00e0 dimension humaine&#8221;. Lors de la pr\u00e9paration de la 24\u00e8me \u00e9dition de juillet 99, il disait combien l&#8217;association \u00e9tait fi\u00e8re d&#8217;avoir pr\u00e9sent\u00e9 pendant bient\u00f4t un quart de si\u00e8cle cet &#8220;art authentique&#8221;, cette musique qui &#8220;a trouv\u00e9 son lieu dans l&#8217;\u00e9t\u00e9 lotois&#8221;: le jazz. Au cours de cette m\u00eame ann\u00e9e 99, il fait don \u00e0 la ville de Souillac d\u2019une part importante de sa biblioth\u00e8que &#8211; discoth\u00e8que qui, elle aussi, a trouv\u00e9 son lieu dans les saisons lotoises.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em><strong>Robert Peyrillou<\/strong> directeur artistique<br>du festival de jazz \u201cSim Copans\u201d de Souillac<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8220;Je me souviens des \u00e9missions de Sim Copans&#8221;.Qu&#8217;ils soient jazzmen, chauffeur de taxi anonyme, Filipacchi, Averty ou qu&#8217;il<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":804,"parent":773,"menu_order":1,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"cybocfi_hide_featured_image":"","_vp_format_video_url":"","_vp_image_focal_point":[],"footnotes":""},"class_list":["post-803","page","type-page","status-publish","has-post-thumbnail","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/803","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=803"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/803\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5301,"href":"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/803\/revisions\/5301"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/773"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/wp-json\/wp\/v2\/media\/804"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=803"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}