{"id":781,"date":"2022-03-08T04:39:32","date_gmt":"2022-03-08T03:39:32","guid":{"rendered":"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/?page_id=781"},"modified":"2022-03-08T04:39:32","modified_gmt":"2022-03-08T03:39:32","slug":"une-biographie-de-sim-copans-sur-le-site-de-jazz-hot","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/autour-du-festival\/sim-copans\/une-biographie-de-sim-copans-sur-le-site-de-jazz-hot\/","title":{"rendered":"Une biographie de Sim Copans Sur le site de Jazz Hot"},"content":{"rendered":"\n<p><em>le 9 mars 2012<\/em><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Sim Copans : une Voix de l\u2019Am\u00e9rique (1912-2000)<\/h4>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-kadence-image kb-image_e5bd5f-8d\"><figure class=\"alignleft size-full\"><a href=\"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/1332428054.jpg\" class=\"kb-advanced-image-link\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"389\" height=\"285\" src=\"http:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/1332428054.jpg\" alt=\"\" class=\"kb-img wp-image-782\" srcset=\"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/1332428054.jpg 389w, https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/1332428054-300x220.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 389px) 100vw, 389px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Lorsqu\u2019on entrait en jazz dans les ann\u00e9es 1960, il \u00e9tait quasiment in\u00e9vitable de \u00ab rencontrer \u00bb Sim Copans ne serait-ce qu\u2019en feuilletant les programmes de radio dans Jazz Hot. S\u2019il n\u2019y avait alors pas de chaine \u00ab exclusive \u00bb, il y avait beaucoup d\u2019\u00e9missions sur de nombreuses stations ce qui garantissait un pluralisme d\u2019expression qui, aujourd\u2019hui, laisse r\u00eaveur. Le r\u00f4le de Sim Copans aura \u00e9t\u00e9 celui de la vulgarisation des musiques d\u2019Am\u00e9rique au long de sa longue carri\u00e8re radiophonique animant sur les ondes fran\u00e7aises \u00ab Panorama du Jazz Am\u00e9ricain \u00bb, \u00ab Jazz en Libert\u00e9 \u00bb, \u00ab Fleuve Profond \u00bb. Le mercredi, en 1964, il passe sur Inter Jeunesse (\u00ab Jazz dans la Nuit \u00bb) juste avant Hugues Panassi\u00e9 (\u00ab Jazz Panorama \u00bb). Il ne peut \u00eatre rattach\u00e9 \u00e0 la rigueur du pionnier des critiques car dans le m\u00eame temps sur la m\u00eame station, il propose le samedi un programme \u00ab Folklore et Blues \u00bb, c&#8217;est-\u00e0-dire une conception \u00ab sans fronti\u00e8re \u00bb qui le rapprocherait plut\u00f4t d\u2019un Alan Lomax. La station en question devient, la m\u00eame ann\u00e9e, ORTF-France Inter et le jeudi, Sim Copans propose \u00ab Negro Spirituals et Gospels \u00bb o\u00f9 l\u00e0 aussi il n\u2019est pas dans la ligne des puristes puisqu\u2019il pr\u00e9sentera aussi bien Mahalia Jackson que Marian Anderson rejet\u00e9e par les fanatiques d\u2019une id\u00e9e coh\u00e9rente mais fabriqu\u00e9e de l\u2019expressivit\u00e9 noire am\u00e9ricaine. D\u00e9j\u00e0 on peut souligner l\u2019apport de Sim Copans qui fut de m\u00eame l\u2019accent sur le blues, le spiritual et le gospel bien moins document\u00e9 et connu \u00e0 cette \u00e9poque que le surm\u00e9diatis\u00e9 jazz (quantitativement sinon qualitativement). Mais Sim Copans n\u2019est pas un organisateur comme Charles Delaunay ni un \u00e9crivain th\u00e9oricien comme Hugues Panassi\u00e9. Pourtant \u00e0 cette \u00e9poque, nous avons \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 par un texte de lui o\u00f9 il d\u00e9montre, en ce temps l\u00e0, une culture au dessus de la moyenne : il s\u2019agit de la pr\u00e9face \u00e0 Le Monde du Blues de Paul Oliver (\u00e9dition Arthaud, 1962).<\/p>\n\n\n\n<p>Sim Copans est n\u00e9 \u00e0 Stamford dans le Connecticut en 1912. Il raconte ses d\u00e9buts pour Jazz Hot (mars 1965) : \u00ab Je suis venu au jazz d\u2019une fa\u00e7on tr\u00e8s d\u00e9tourn\u00e9e, comme beaucoup d\u2019Am\u00e9ricains. J\u2019ai v\u00e9cu dans une petite ville et mon premier contact avec le jazz c\u2019\u00e9tait\u2026juste apr\u00e8s la premi\u00e8re guerre mondiale \u2026 c\u2019\u00e9tait un petit ensemble de quatre musiciens, des Blancs, des fils d\u2019amis de ma famille, ils jouaient des copies de dixieland\u2026Mais je crois qu\u2019il faut bien dire que tous les Am\u00e9ricains ne connaissent pas, tous les Am\u00e9ricains n\u2019aiment pas le jazz \u00bb. Etudiant \u00e0 la Brown University, un de ses professeurs le pousse \u00e0 venir en France en 1932. Il reviendra en France en 1938 pour sa th\u00e8se, \u00ab perception fran\u00e7aise de la d\u00e9mocratie am\u00e9ricaine sous le second empire \u00bb. C\u2019est chez Gallimard \u00e0 cette \u00e9poque qu\u2019il rencontre Lucienne Godiard qu\u2019il \u00e9pouse. Copans a fr\u00e9quent\u00e9 l\u2019Universit\u00e9 de Nancy et la Sorbonne. Le couple rentre aux Etats-Unis et Sim Copans enseigne le Fran\u00e7ais \u00e0 la Columbia University de New York.<br>Il a d\u00e9j\u00e0 une passion : \u00ab Quand je suis all\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9, j\u2019aimais les grands noms, mais ce qu\u2019on pr\u00e9f\u00e9rait c\u2019\u00e9tait Tommy Dorsey, Bing Crosby. Je suis venu au jazz assez tard, c\u2019est la v\u00e9rit\u00e9, je connaissais mieux le spiritual, le folklore. Je suis venu au jazz au moment o\u00f9 la plupart des gens commen\u00e7aient \u00e0 concentrer leurs go\u00fbts sur la musique classique. Je peux nommer une date importante : en 1943, \u00e0 Carnegie Hall, Duke Ellington a f\u00eat\u00e9 ses vingt ann\u00e9es de jazz. Il y avait des chefs d\u2019orchestres symphoniques, Benny Goodman, beaucoup de gens importants\u2026 Duke joua Black, Brown and Beige, ce fut extraordinaire\u2026 Et l\u00e0 le jazz est devenu pour moi quelque chose de tr\u00e8s important \u00bb. En pleine guerre, il d\u00e9cide d\u2019aller \u00e0 Londres pour participer \u00e0 la lutte contre le nazisme. Membre de la \u00ab Psychological warfare \u00bb, il d\u00e9barque en juin 1944 en Normandie avec le grade de capitaine. On lui donne un r\u00f4le puisqu\u2019il parle fran\u00e7ais : rassurer les populations par sa voix diffus\u00e9es depuis les haut-parleurs d\u2019un camion \u00e9quip\u00e9 en \u00ab studio \u00bb. Il ne tarde pas \u00e0 diffuser aussi des disques de musiques am\u00e9ricaines pour les GI. \u00ab Je me suis trouv\u00e9 tout \u00e0 coup forc\u00e9 d\u2019aider les jeunes Fran\u00e7ais \u00e0 savoir ce qu\u2019\u00e9tait la musique am\u00e9ricaine et j\u2019ai d\u00fb \u00e9tudier, apprendre ce qu\u2019\u00e9tait une musique que je connaissais mal. Je suis arriv\u00e9 en France avec un doctorat \u00e8s lettres mais pas un doctorat \u00e8s jazz !\u2026 A la Lib\u00e9ration, Sim Copans devient d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de La Voix de l\u2019Am\u00e9rique. A partir de 1946, il est invit\u00e9 comme intervenant \u00e9tranger et gr\u00e2ce \u00e0 sa discoth\u00e8que, dans l\u2019\u00e9mission de Paul Gilson Ce Soir en France (tour du monde autour d\u2019une table) au micro de la Radio fran\u00e7aise. Sim Copans fait venir son \u00e9pouse et leur fils. En janvier 1947 c\u2019est la cr\u00e9ation de Paris Inter et on lui confie la premi\u00e8re \u00e9mission : ainsi na\u00eet \u00ab Panorama du Jazz Am\u00e9ricain \u00bb diffus\u00e9 le samedi entre 12 et 13 heures.<br>\u00ab Ce qui m\u2019a int\u00e9ress\u00e9 au d\u00e9but, c\u2019\u00e9tait l\u2019origine du jazz, ce que \u00e7a repr\u00e9sentait, son r\u00f4le dans la civilisation am\u00e9ricaine, ce que \u00e7a pouvait donner en dehors des Etats-Unis. Je n\u2019avais pas tellement de succ\u00e8s, \u00e0 mes d\u00e9buts ; je peux rappeler ici, sans rancune, qu\u2019il y a eu un peu de r\u00e9ticence de la part de certains\u2026un critique fran\u00e7ais \u00e9minent n\u2019\u00e9tait pas tr\u00e8s content de mes premi\u00e8res \u00e9missions, c\u2019\u00e9tait en 46, 47, le \u00ab Panorama du Jazz Am\u00e9ricain \u00bb. J\u2019essayais de pr\u00e9senter un panorama peut-\u00eatre pas assez strict pour le jazz\u2026 Et j\u2019ai \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 dans un magazine qui s\u2019appelait Jazz Hot par un nomm\u00e9 Andr\u00e9 Hodeir ; il a dit que ce n\u2019\u00e9tait pas une \u00e9mission de jazz et que je ne savais pas tr\u00e8s bien de quoi je parlais \u00bb. Jusqu\u2019en 1973, Sim Copans animera plus de 4000 \u00e9missions.<br>Sim Copans a aussi anim\u00e9 des conf\u00e9rences d\u00e8s les ann\u00e9es 1950, en France et en Afrique. En 1963, le couple Copans ach\u00e8te une ferme \u00e0 Lanzac. Bien s\u00fbr, pour l\u2019UNESCO, Sim Copans donne une conf\u00e9rence \u00e0 Souillac, \u00ab de la c\u00f4te des esclaves \u00e0 la Nouvelle Orl\u00e9ans \u00bb. L\u2019int\u00e9r\u00eat est tel que na\u00eet l\u2019id\u00e9e d\u2019un festival de jazz \u00e0 Souillac. La premi\u00e8re mouture en juillet 1976 pr\u00e9sente Marie Knight et Memphis Slim, Copans reste fid\u00e8le au gospel et au blues. En tout cas la premi\u00e8re manifestation de ce genre dans le Sud Ouest voit le jour gr\u00e2ce \u00e0 lui.<br>Sim Copans, touch\u00e9 par le s\u00e9rieux et la dimension de la passion chez les amateurs fran\u00e7ais a \u00e9t\u00e9 le premier fin 1947 \u00e0 permettre \u00e0 tout amateur de venir au micro se son \u00e9mission. \u00ab un certain Daniel Filipacchi est venu quatre ou cinq fois, il y a eu Andr\u00e9 Clergeat aussi, et d\u2019autres encore \u00bb. Puis il a invit\u00e9 des musiciens. Il remarque : \u00ab les musiciens de jazz ne s\u2019expriment pas tellement bien et, parfois, j\u2019ai un peu l\u2019impression qu\u2019ils disent, en parlant de leur musique, ce qu\u2019ils pensent que l\u2019on veut qu\u2019ils disent \u00bb.<br>Sim Copans a fait son propre cheminement. D\u00e9j\u00e0 en 1965 il affirme : \u00ab On ne sait pas exactement quel est l\u2019apport du folklore noir africain au jazz. On ne sait m\u00eame pas au fond , quel a \u00e9t\u00e9 le r\u00f4le de la Nouvelle-Orl\u00e9ans \u00bb. Mais il a rep\u00e9r\u00e9 quelque chose : \u00ab Jelly Roll, admet et prouve que ce qui a compt\u00e9 dans sa musique, au d\u00e9but, c\u2019\u00e9tait le blues, la contribution noire \u00bb.<br>Directeur de la biblioth\u00e8que Benjamin Franklin des services culturels am\u00e9ricains, membre du conseil d&#8217;administration du centre culturel am\u00e9ricain, fondateur de l&#8217;Institut d&#8217;Etudes Am\u00e9ricaines sous l&#8217;\u00e9gide de la New-York University, co-fondateur de l&#8217;Association des enseignants en langue am\u00e9ricaine, il permit le d\u00e9veloppement des \u00e9tudes am\u00e9ricaines au sein des universit\u00e9s fran\u00e7aises jusqu&#8217;\u00e0 devenir docteur honoris causa de l&#8217;Universit\u00e9 de Nancy.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 2000, auteur de &#8220;Chansons de contestation &#8211; reflet de l&#8217;histoire am\u00e9ricaine&#8221; en 2 volumes, auteur de nombreuses pr\u00e9faces, notamment \u00e0 &#8220;Mister Jelly Roll&#8221; d&#8217;Alan Lomax, r\u00e9dacteur de textes de pochettes de disques, Sim Copans laisse tout au long de cette seconde moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle une empreinte dans le monde fran\u00e7ais du jazz. Mais un ouvrage aussi qualifi\u00e9 que le New Grove Dictionary of Jazz l\u2019ignore. Un Am\u00e9ricain trop fran\u00e7ais peut-\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Michel Laplace<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>le 9 mars 2012 Sim Copans : une Voix de l\u2019Am\u00e9rique (1912-2000) Lorsqu\u2019on entrait en jazz dans les<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":782,"parent":773,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"cybocfi_hide_featured_image":"","_vp_format_video_url":"","_vp_image_focal_point":[],"footnotes":""},"class_list":["post-781","page","type-page","status-publish","has-post-thumbnail","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/781","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=781"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/781\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":783,"href":"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/781\/revisions\/783"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/773"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/wp-json\/wp\/v2\/media\/782"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.souillacenjazz.fr\/new\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=781"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}